Oh… grand maître, vénéré maître ! Nous reconnaissons ton habileté dans cette pratique depuis des décennies, pour ne pas dire des siècles, voire des millénaires. Le maniement délicat de cette lame à la vertu indéniable. Cette pratique qui donne au jeune homme « sa virilité », selon certaines cultures, mais qui prive la jeune femme de « sa féminité » : telles les deux faces d’une pièce. Pas besoin de grands moyens financiers pour la pratiquer. Ton service est préféré à celui d’un professionnel de santé par beaucoup. Mais… grand maître circonciseur, connais-tu le revers de ta pratique ?
La circoncision
La circoncision est un acte chirurgical. Il s’agit de l’ablation (retrait d’une partie du corps) totale ou partielle du prépuce (« bout de peau qui recouvre la tête du pénis ») pour des raisons médicales, religieuses, culturelles et de santé publique. Elle est l’intervention chirurgicale la plus pratiquée dans le monde et concerne environ 30 % de la population masculine mondiale.
Les risques…
En dehors des risques d’infection inhérents à tout acte chirurgical, qui plus est exécuté par un non-professionnel de santé, augmentant ainsi les risques d’infection, il y a le risque hémorragique, qui peut s’avérer incontrôlable dans certains cas particuliers.
Grand maître circonciseur, sais-tu que nous ne sommes pas constitués de la même manière et que certains naissent avec des défauts génétiques qui font leur particularité ?
L’hémophile
Beaucoup connaissent le drépanocytaire (À lire : Codjo, le drépanocytaire), mais peu connaissent l’hémophile. Ce dernier est atteint de la maladie du sang que nous appelons hémophilie. Il en existe plusieurs types, selon l’élément (facteur de coagulation) déficitaire ou manquant dans le sang de l’individu : hémophilie A (déficit en facteur 8 de coagulation), hémophilie B (déficit en facteur 9 de coagulation), hémophilie C (déficit en facteur 11 de coagulation).
L’hémophile, c’est celui qui « aime le sang » ou est attiré par le sang, si nous faisons une traduction littérale (du grec) du mot : hémo (« sang ») – phile (« amant »). Bon, c’est une exagération ! Ce n’est pas un vampire ni une sangsue. Simplement, lorsqu’il saigne ou se met à saigner, il lui est difficile d’arrêter le saignement en raison de son déficit en tel ou tel facteur de coagulation.
Les hémophilies A et B
L’hémophilie est une maladie génétique connue depuis l’Antiquité, dont les types A et B touchent essentiellement les individus de sexe masculin. Certaines sources indiquent que les Hébreux de l’Antiquité étaient prudents dans la pratique de la circoncision des garçons dont la mère était issue d’une famille ayant perdu un enfant par hémorragie lors d’une circoncision. Les hémophilies A et B sont récessives et liées au sexe (chromosome X).

En d’autres termes, un simple porteur de trait ne peut présenter les manifestations de la maladie s’il est de sexe masculin. Il faut porter doublement le trait et dans une certaine proportion pour pouvoir exprimer les symptômes de la maladie, si l’on est de sexe féminin (chromosome Xh/Xh) ; ce qui est très rare. La maladie se caractérise par une forte propension aux hémorragies (saignements), spontanées comme provoquées. Il s’agit d’une maladie qui ne se guérit pas, mais le traitement actuel consiste en l’administration par voie intraveineuse de facteur 8 ou de facteur 9.
Alors, grand maître circonciseur, as-tu les ressources nécessaires pour gérer de tels cas ? Et vous, parents d’enfants hémophiles qui l’ignorent, pouvez-vous faire face aux déconvenues ?
Un enfant qui saigne sans raison apparente au niveau de ses articulations (genoux, chevilles, coudes, etc.) ou ailleurs (muscles) doit vous inquiéter.

