Sciences de la santé en Afrique : la valeur ajoutée

Il y a six semaines, nous avons mené une réflexion sur une initiative qui nous avait été présentée comme un centre d’excellence, une réponse technologique concrète aux défis de l’encadrement des étudiants. Or, il ne s’agissait en réalité que d’un centre de simulation officinale. Nous nous étions alors demandé en quoi cela constituait une excellence ou une innovation technologique pour un étudiant en sciences pharmaceutiques, si ce n’était rien d’autre qu’une mise aux normes internationales en la matière. En somme, quelle était la véritable valeur ajoutée ?

Valeur ajoutée

Au-delà des faits divers qui ont marqué les réseaux sociaux béninois il y a quelques années, la notion de valeur ajoutée mérite d’être examinée dans le domaine de la formation en sciences de la santé. Elle constitue un critère essentiel pour évaluer une innovation, une réforme ou un programme, en ce qu’elle désigne le bénéfice supplémentaire ou l’amélioration concrète apportés par rapport aux pratiques existantes.

>> À lire : Sciences de la santé en Afrique : repensons l’innovation

Nous nous réjouissons d’apprendre que des réflexions sont en cours afin d’apporter une véritable valeur ajoutée aux différents programmes de formation en sciences de la santé proposés par la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou de l’Université d’Abomey-Calavi, au Bénin.

Innovation pédagogique

En effet, une initiative se tient à Porto-Novo et à Lokossa du 8 au 12 juin 2026 afin d’adapter les curricula aux défis actuels et futurs des systèmes de santé, tout en renforçant la qualité de la formation des professionnels de santé. À Porto-Novo, les travaux portent sur les formations doctorales en médecine, en pharmacie et en odonto-stomatologie. À Lokossa, les experts révisent les cursus de kinésithérapie, de nutrition-diététique et d’assistance sociale.

>> À lire : Sciences de la santé en Afrique : repensons l’innovation

Plus réjouissant encore, cette initiative concilie une vision d’innovation pédagogique avec les ambitions de développement du Bénin à l’horizon 2060. Elle s’inscrit ainsi en cohérence avec la conclusion de notre précédente réflexion, qui appelait à une innovation au service du développement.

Les nouveaux programmes envisagés intégreront des compétences clés telles que l’intelligence artificielle, la santé numérique, l’entrepreneuriat, le leadership, la communication, l’humanisation des soins, la médecine traditionnelle et le bilinguisme français-anglais. Ces évolutions sont en adéquation avec la vision portée par le Bénin à l’horizon 2060.

>> À lire : Vision « Bénin 2060 ALAFIA, UN MONDE DE SPLENDEURS »

Si elle est effectivement mise en œuvre, cette réforme pédagogique devrait contribuer à l’excellence académique et à la formation de professionnels de santé mieux préparés pour relever les défis actuels et futurs des systèmes de santé en Afrique.

Dr. Mahunan

Épidémiologiste, Data scientist en santé, Médecin d’entreprise
Médecin béninois, titulaire d’un master en épidémiologie et interventions en santé publique, ainsi que d’un certificat d'université en science des données pour la santé mondiale. Actuellement en spécialisation en santé au travail, j’exerce à Cotonou (Bénin).

Articles similaires

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous ne pouvez pas copier le contenu de cette page

Votre panier est vide.