On lui attribue trop souvent tout malaise, encore que ses symptômes ne soient pas spécifiques. C’est le bouc émissaire parfait dans un contexte tropical africain où il est présent presque partout. Mais avons-nous tort ?
Plasmodium en bref
Le microbe, plus précisément le parasite responsable du paludisme, s’appelle Plasmodium. C’est un genre de parasite comprenant plusieurs espèces, cinq (5) précisément : Plasmodium falciparum, Plasmodium knowlesi, Plasmodium malariae, Plasmodium ovale, Plasmodium vivax.
En Afrique subsaharienne, on rencontre surtout P. falciparum, P. malariae (souvent sous-diagnostiqué) et P. ovale (souvent confondu à vivax ou non identifié). Mais contrairement aux deux premiers, P. ovale possède des formes intermédiaires qui dorment dans le foie de la personne infectée, appelées hypnozoïtes (ce sont les formes dormantes du parasite qui peuvent se réactiver plus tard).

Détection du Plasmodium
La détection des formes évolutives de ces parasites se fait soit par un test de diagnostic rapide (TDR), soit par une goutte épaisse (GE) ou un frottis, au moment où elles passent dans le sang — pas avant, ni lorsqu’elles sont dans le foie.
En cas de réactivation d’hypnozoïtes, il faut en moyenne 1 à 3 jours pour atteindre un niveau détectable.
>> À lire : Dépistage… Oui, mais…
Les limites de détection des examens usuels sont les suivantes :
- Goutte épaisse : ~50 parasites/µL
- Frottis : 100–200 parasites/µL
- TDR : 100–200 parasites/µL
Ce qui suppose que toute valeur inférieure est source de faux négatifs (vous êtes infecté mais le test dit le contraire).
Réactivation d’hypnozoïtes de Plasmodium
Les cas de réactivation d’hypnozoïtes sont possibles, notamment en Afrique de l’Ouest et centrale où le P. ovale est courant.
Selon une théorie non exclusive, une maladie systémique fébrile pourrait activer les hypnozoïtes, provoquant une nouvelle infection symptomatique dans les régions endémiques. (Source : Plasmodium vivax, un parasite qui sort de l’ombre)
Cela expliquerait les situations où, pendant une maladie avec fièvre, un test initial de paludisme peut être négatif puis se positiver quelques jours après, semant le doute aussi bien dans la tête du médecin que du patient.
Dans le même sens, un stress physiologique important ou une dépression immunitaire modérée pourrait favoriser une réactivation.
Il est ainsi recommandé de répéter le test après 1 à 2 jours en cas de forte suspicion clinique, ou, le cas échéant, d’adjoindre au traitement un antipaludique actif sur les hypnozoïtes (Primaquine).
Tout n’est pas paludisme, bien qu’une rechute de paludisme soit possible.

