croquis de visage de femme

Féminisme « alimentaire » : changeons de paradigme

Nous vivons dans un monde fractionné, fracturé, où les tensions identitaires et genrées prennent de plus en plus de place. Parmi elles, la lutte féministe, qui court depuis des siècles et qui influence profondément notre société actuelle.

Les origines de la lutte…

La lutte féministe trouve ses racines philosophiques dans les théories modernes des droits humains au XVIIIe siècle, avant de devenir un mouvement social organisé au XIXe siècle. Au départ, quelques revendications individuelles pour l’égalité civile et politique entre les sexes. Puis des mouvements structurés en Europe et en Amérique du Nord, notamment autour du droit de vote et de l’accès à l’éducation.

Après la seconde guerre mondiale, les transformations économiques et sociales ainsi que les mouvements pour les droits civiques élargissent les revendications : travail, autonomie du corps, égalité professionnelle. Enfin, la lutte arrive à notre génération sous une forme renouvelée : approche intersectionnelle (inégalités croisées), dénonciation des violences sexuelles, usage massif des réseaux sociaux.

Le féminisme moderne…

L’éducation commence à la maison. C’est là que se construisent les premières représentations. Historiquement et biologiquement, la femme occupe une place centrale dans la grossesse, les premiers soins et l’éducation des enfants. Elle participe donc directement à la transmission des valeurs, des comportements et de la vision du monde des garçons comme des filles.

Si un système social se perpétue, c’est en grande partie par cette transmission. Il faut donc reconnaître que la responsabilité est collective. Les femmes ne sont pas uniquement victimes d’un système ; elles en sont aussi des actrices, parfois malgré elles. Réduire la lutte à une opposition frontale contre l’homme revient alors à simplifier un problème plus structurel.

Selon le World Economic Forum, dans son Global Gender Gap Report 2025, la parité mondiale ne serait atteinte, au rythme actuel, que dans environ 123 ans. Cela signifie que le défi est pluri générationnel.

On ne transforme pas une structure en s’appuyant uniquement sur l’émotion du moment. L’émotion mobilise, mais elle ne construit pas sur le long terme. Le changement durable passe par l’éducation, la cohérence et la responsabilité dans ce que l’on transmet aux enfants.

Avant de vouloir mener une lutte solide pour la femme, il faut peut-être déjà être pleinement femme. Accepter sa féminité, pas comme une faiblesse. L’assumer pleinement, sans en transférer la responsabilité.

Dr. Mahunan

Épidémiologiste, Data scientist en santé, Médecin d’entreprise
Médecin béninois, titulaire d’un master en épidémiologie et interventions en santé publique, ainsi que d’un certificat d'université en science des données pour la santé mondiale. Actuellement en spécialisation en santé au travail, j’exerce à Cotonou (Bénin).

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