Cela fait maintenant plus de cinq ans que nous avons entrepris de partager avec les populations une information médicale fiable et rigoureuse, afin qu’elles deviennent de véritables actrices de leur santé au quotidien, dans une démarche de promotion de la santé. Cette initiative repose sur des données robustes issues de la littérature scientifique.
Article de blog santé
Avant d’aborder l’article scientifique, revenons d’abord sur ce qui caractérise un article de blog santé.
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Bien que cette démarche exige de la rigueur, produire un article de blog reste un exercice relativement souple, offrant une grande variété d’approches. Cette autonomie ne dispense toutefois pas de rigueur : chaque article repose sur une vérification systématique des sources et le recours à des références issues de la littérature scientifique.
Cela ne demande pas forcément un temps considérable : en quelques heures, sans relecture par un comité ni validation externe, et parfois porté par une bonne inspiration, un article de blog peut être achevé. Le style de rédaction est libre, et même un mélange de registres peut être envisagé lorsqu’il sert l’effet recherché. Les propos peuvent également être étayés par des expériences personnelles et des situations vécues en pratique médicale.
Rien de tout cela ne s’applique généralement à l’article scientifique : ni la rapidité, ni la liberté de style, ni l’ancrage dans le vécu personnel n’y trouvent leur place. Dans le blog, l’objectif est l’accessibilité et l’engagement du lecteur, non la reproductibilité. Nous passons ainsi d’une grande autonomie propre au blog santé à une autonomie partagée avec les autres collaborateurs dans l’article scientifique.
Article scientifique
Bienvenue dans ce petit monde très codifié, où s’entrechoquent ambitions individuelles, intérêts institutionnels et enjeux de carrière, notamment dans la progression des plus jeunes. Ici, les règles du jeu sont plus strictes et généralement dictées par les normes méthodologiques, éthiques et éditoriales du champ.
Le style de rédaction obéit à des règles formalisées. Les exigences rédactionnelles y sont particulièrement élevées ; les jeux de mots ou de style que nous pouvions nous permettre auparavant laissent place au strict nécessaire, afin de garantir une compréhension commune : un style neutre, précis, prudent, structuré et justifié. L’objectif est la reproductibilité et la vérifiabilité, et non la persuasion ni l’esthétique.
En réalité, la rédaction n’est que l’aboutissement d’un processus beaucoup plus long. Avant même d’écrire la première ligne, il faut parfois obtenir le financement de l’étude qui fera l’objet de l’article. À ce stade, il faut convaincre, sans survendre, que le projet est suffisamment S.M.A.R.T. (spécifique, mesurable, atteignable, pertinent et temporellement défini) et suffisamment ambitieux, autrement dit innovant, pour susciter l’intérêt du jury, voire de la communauté scientifique.
Il faut également anticiper le positionnement des co-auteurs en fonction de leurs contributions effectives, afin d’éviter les désaccords de dernière minute sur l’attribution des auteurs ; un cadrage initial solide est souvent déterminant.
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Somme toute, le passage de consommateur à producteur d’articles scientifiques n’est pas chose aisée : il exige une rigueur accrue, et davantage de détermination.

