J’ai eu l’honneur de participer au séminaire régional DRE 2025, une rencontre riche en échanges et en réflexions sur le thème « Dispositif Réussite Éducative 2025 Parentalité ».
Lors de l’atelier 3 animé par Edu’Sens, j’ai renforcé mes connaissances sur la coéducation — cette démarche essentielle qui fait de l’école et des familles de véritables partenaires dans la réussite éducative, rappelant volontiers l’adage : « L’enfant est un toit. Il faut plus d’une main pour l’élever. »
Comprendre la coéducation
La coéducation repose sur une conviction simple mais essentielle : éduquer un enfant est une responsabilité partagée. Elle dépasse la simple collaboration ponctuelle entre l’école et la famille ; c’est une véritable alliance éducative, fondée sur la confiance, la reconnaissance mutuelle et la complémentarité des rôles.
Dans le contexte scolaire, la coéducation suppose avant tout l’écoute de l’enfant, puis celle des parents, afin de valoriser leurs savoirs et expériences, et de construire ensemble un environnement d’apprentissage cohérent, bienveillant et porteur de sens ; comme le rappelle l’adage : « Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est contre moi ».
Cet adage rejoint la vision humaniste de Maria Montessori, pour qui, l’éducation doit aider l’enfant à devenir acteur de ses apprentissages : « Aide-moi à faire seul. ». La coéducation prend alors tout son sens : elle relie les intentions des adultes autour de l’enfant et favorise un dialogue continu entre les différents partenaires éducatifs. Elle devient d’autant plus essentielle lorsqu’il s’agit d’élèves à besoins éducatifs particuliers, pour lesquels la cohérence des interventions entre enseignants, parents, accompagnants et professionnels de santé constitue un levier déterminant de réussite.
Pour construire cette alliance, la coéducation s’appuie sur la démarche CCOQQQPP, qui invite à se questionner sur :
- Comment accompagner l’enfant ?
- Combien de temps ou de ressources mobiliser ?
- Où situer l’action éducative ?
- Quand intervenir ?
- Quoi proposer comme activités ou aménagements ?
- Qui sont les acteurs impliqués ?
- Pourquoi cette action est-elle nécessaire ?
- Pour quoi, c’est-à-dire, dans quel but global et éducatif agit-on ?
Ces questions structurent une réflexion partagée et permettent d’ajuster les pratiques pour construire un accompagnement véritablement inclusif et cohérent.
Ce que j’ai retenu de l’atelier 3 – Edu’Sens
L’atelier animé par Angélique Michelin m’a particulièrement marquée par la simplicité et la profondeur des échanges. Parmi les idées fortes évoquées :
- Instaurer une relation de confiance durable entre familles et équipes éducatives ;
- Écouter avant d’agir, pour mieux comprendre les attentes et les besoins ;
- Associer les parents aux décisions pédagogiques et au suivi des apprentissages ;
- Développer des outils concrets de communication et de coopération (carnets partagés, ateliers communs, rencontres informelles).
Ces principes rappellent que la coéducation ne se décrète pas : elle se construit, pas à pas, à travers une posture d’ouverture et de respect mutuel.
Résonances avec ma pratique et mes recherches
En tant qu’étudiante en sciences de l’éducation, « Scolarisation et Besoins Éducatifs Particuliers », et psychopédagogue spécialisée dans l’accompagnement d’enfants à profils neurodivergents, cette réflexion m’interpelle profondément.
Dans mes interventions, je constate chaque jour combien le lien école–famille est un levier d’inclusion. Quand les adultes unissent leurs forces autour d’un même enfant, les progrès deviennent tangibles : confiance retrouvée, engagement accru, apprentissages plus stables.
L’approche Montessori, à laquelle je me suis également formée, rejoint cette vision. Elle invite à considérer l’enfant dans sa globalité et à reconnaître les parents comme des partenaires actifs du développement.
Pour une école réellement inclusive
La coéducation est bien plus qu’un concept : c’est une posture éducative humaniste, qui reconnaît que chaque enfant apprend mieux lorsqu’il se sent compris et soutenu par une communauté bienveillante. Dans un monde où les défis éducatifs se multiplient, il est urgent de renforcer cette alliance essentielle entre école, familles et partenaires du territoire. Parce qu’éduquer, c’est avant tout faire équipe pour faire grandir.
Pour aller loin
Pour vous permettre d’aller plus loin, j’ai fait une sélection d’ouvrages qui traitent de la coéducation, de l’alliance éducative et des relations école-famille. Ces livres explorent les fondements théoriques et proposent des pistes pratiques pour une collaboration réussie entre l’école et la famille :
- Coéducation : Des clés pour une responsabilité partagée de Catherine Hurtig-Delattre (Réseau Canopé). Très actuel, cet ouvrage offre des clés pour comprendre la notion, ses enjeux et ses principes, avec des dispositifs expérimentés sur le terrain. Il met l’accent sur la coopération entre l’école, les familles et l’ensemble des partenaires éducatifs.
- Les relations école-famille : De la confrontation à la co-éducation de Bernard Humbeeck, Willy Lahaye, Ariane Balsamo et Jean-Pierre Pourtois (publié notamment dans la Revue des Sciences de l’Éducation). Cet article de recherche, souvent cité, est fondamental pour comprendre l’évolution du concept et le passage d’une relation parfois conflictuelle à un véritable paradigme de coéducation. L’un des auteurs, Jean-Pierre Pourtois, est une figure majeure de la sociopédagogie familiale et scolaire.
- La coéducation en question (sous la direction de Sylvie Rayna et al., Éditions Érès). Un ouvrage collectif qui interroge la notion de coéducation, notamment dans le contexte de la petite enfance et de l’accueil, mais avec une réflexion plus large sur la responsabilité éducative partagée.
- Maria Montessori : le rappel de sa vision (« Aide-moi à faire seul. ») montre l’importance de l’autonomie et de la place de l’enfant. La lecture de ses ouvrages, comme L’Enfant, éclaire la philosophie qui doit guider les adultes.

